En savoir plus sur l’hypnose…

L’hypnose est un terme très difficile à définir, qui peut être présenté de manière complètement différente selon les sources d’information, l’approche choisie, le domaine de référence, le contexte et bien évidemment l’interprétation que chacun en fait.
Pour vous en fournir une définition convenable, il faudrait avant tout pouvoir s’accorder sur le sens de certains termes tels que « état modifié de conscience », « conscience », « conscient », « inconscient », « transe », etc… or comme vous le savez sûrement, chacun de nous a sa manière bien particulière d’interpréter ce qu’il lit, ce qu’il entend, ce qu’il voit, ce qu’il ressent, ce qu’il vit…
Je souhaite donc vous parler de ce que l’hypnose représente pour moi, vous donner quelques informations sur son utilisation et surtout clarifier certaines des idées reçues les plus courantes à son sujet.

  • L’hypnose en tant qu’outil :

L’hypnose est pour moi un outil de communication optimal pour être véritablement en harmonie avec soi-même et avoir une relation privilégiée avec « l’artiste qui sommeille au fond de soi ».
L’hypnose peut en effet être considéré comme une sorte de langage qui permet à chaque personne d’entrer en contact avec sa propre créativité, et d’avoir directement accès à des informations fondamentales et personnelles telles que les émotions, les capacités, les apprentissages, les croyances, les comportements, les habitudes, les automatismes, sans oublier les fonctions vitales et tout ce qui peut favoriser une auto-guérison chez un individu.

L’hypnose est aussi pour moi l’un des outils les mieux adaptés pour travailler sur soi avec authenticité et efficacité.
C’est en effet un formidable outil de changement qui permet d’améliorer de manière significative son mode de vie et la qualité de ses relations, d’avoir plus d’emprise sur tout ce qui vient influencer ses comportements au quotidien, tout ce qui fait profondément partie de soi, de son histoire, de sa personnalité, et qui peut venir se manifester dans des situations pour lesquelles vous vous dites : « c’est plus fort que moi », « j’ai toujours été comme ça », « c’est quelque chose que je ne contrôle pas », « c’est comme ça »…
Il existe pour chacun d’entre nous un bon nombre de situations et de problématiques que nous trouvons particulièrement difficiles à changer et / ou à gérer car elles sont profondément ancrées à l’intérieur de nous, dans ce que la plupart d’entre nous appelons « Inconscient »… et c’est justement pour pouvoir faire face à ces problématiques qu’il est intéressant d’avoir recours à l’hypnose.
Pour en savoir plus sur les différents champs d’application de l’hypnose, cliquer ici : Pour quoi avoir recours à l’hypnose?

  • L’état d’hypnose :

L’hypnose n’est pas seulement un outil, il désigne aussi un état particulier que la plupart des gens appellent « état modifié de conscience », ou encore « transe », « état de transe » ou tout simplement « état d’hypnose ».
Cet état est parfaitement naturel, sans danger, et connu de chacun d’entre nous… Il peut par exemple faire référence à certains moments de la journée au cours desquels vous avez l’impression d’être « perdu dans vos pensées », « ailleurs », « absent », « en mode décalé », ou encore lorsque vous vous sentez « happé » par quelque chose qui vous passionne, quand vous faites les choses sans y penser, sans vraiment vous en souvenir, de manière automatique,… comme un trajet que vous connaissez par cœur et que vous faites sans voir passer le temps, ou bien un livre qui vous captive et vous déconnecte de la réalité, ou encore un film que vous allez voir au cinéma et qui vous fait tout oublier durant une bonne partie de la soirée…
D’un point de vue scientifique, l’état d’hypnose correspond à un certain mode de fonctionnement du cerveau, à des vitesses de longueur d’ondes particulières qui permettent au cerveau de gérer et de traiter un plus grand nombre d’informations par rapport à un état de veille dit « ordinaire ».

  • Préjugés et idées reçues récurrentes vis à vis de l’hypnose :

Face à l’émergence d’idées reçues et de préjugés de toutes sortes par rapport à l’hypnose, j’aimerais clarifier ici quelques points.

OUI, tout le monde est suggestible et tout le monde peut être réceptif à l’hypnose.
Par contre, l’intensité de réceptivité à l’hypnose varie selon les personnes, en fonction de leur sensibilité, de leur niveau d’imagination, du rapport de confiance établi avec l’hypnotiseur, et surtout de leur réelle envie d’entrer en état d’hypnose.

NON, l’hypnotiseur ne prend pas le contrôle de la personne.
Contrairement à ceux que certains peuvent croire, l’hypnotiseur ou le praticien en hypnose ne prend pas le contrôle sur l’autre personne, il n’est là que pour lui montrer le chemin vers l’état d’hypnose, et c’est la personne qui décide de laisser ou non l’état d’hypnose s’installer.
C’est donc vous qui gardez la situation en main et qui laissez une autre part de vous s’exprimer.

OUI, vous êtes et restez en sécurité à tout moment pendant une séance d’hypnose.
Vous avez toujours le choix de suivre ou de ne pas suivre ce qui vous est proposé.
Vous entendez la voix qui vous guide mais vous continuez également d’entendre tout ce qui se passe autour de vous.
Vous pouvez donc vous laisser aller et entrer dans l’expérience en toute confiance, en choisissant de suivre ce qui vous plait et ce qui vous parle le mieux.

NON, l’état d’hypnose n’est pas dangereux en soi.
Par contre, comme n’importe quel outil, c’est l’usage qui en est fait qui peut donner matière à discussion. L’apprentissage de l’hypnose est de nos jours de plus en plus facilement accessible (vidéos sur internet, tutoriels, hypnose de rue,… ), et il est vrai qu’il peut parfois se faire au détriment du confort et du bien-être de la personne hypnotisée. Il est donc tout à fait normal de s’interroger sur les intentions et les compétences de l’hypnotiseur qui est en face de vous.

Sachez toutefois qu’en état d’hypnose, il y a toujours une part de vous qui veille sur votre sécurité et sur votre équilibre (émotionnel, psychologique,…), et si jamais vous entendez chez l’hypnotiseur quelque chose qui vous choque, ou bien qui va à l’encontre de vos principes moraux et / ou de vos valeurs, vous sortez immédiatement de transe.
En fait, il ne tient qu’à vous de déterminer si, oui ou non, vous vous sentez dans une relation digne de confiance pour pouvoir vivre une expérience d’hypnose en toute sérénité.

NON, vous ne dormez pas quand vous êtes sous hypnose.
L’hypnose peut vous aider à vous détendre et à vous relaxer, mais ce n’est pas forcément ce que vous venez rechercher au cours d’une séance d’hypnose d’ordre thérapeutique. En effet, c’est en étant actif que le travail avance le mieux, et il est tout à fait possible d’être en transe, debout, les yeux ouverts…
Libre à vous de choisir comment vous êtes le plus à l’écoute de ce qui se joue à l’intérieur de vous !

NON, il n’est pas possible de rester bloqué en état d’hypnose…
L’état d’hypnose est un état passager, qui se dissipe naturellement au bout d’un certain temps. Tout comme la rêverie, l’excitation, la concentration, la fatigue, la somnolence, ou bien encore le sommeil, un état d’hypnose est un moment provisoire, qui change et évolue constamment.
Il se compose généralement de différentes phases, avec des pics plus ou moins intenses, et aussi des passages plus fragiles et plus superficiels que d’autres.
Sa durée varie en fonction de votre implication, du contexte dans lequel vous vous trouvez, des suggestions et autres mécanismes hypnotiques que vous entendez,… mais quoiqu’il se passe pour vous pendant que vous êtes sous hypnose, vous finissez toujours par revenir à votre état de veille habituel, semblable à celui dans lequel vous vous trouviez au début de la séance, avant d’entrer en état d’hypnose.

OUI, l’hypnose est une forme de manipulation, mais elle n’est pas perverse !
Tout comme n’importe quelles autres formes de communication, l’hypnose est une forme de manipulation de l’esprit, car elle permet de faire passer des messages à un niveau inconscient.
Par contre, elle n’est absolument pas perverse, bien au contraire !!
Il faut savoir que la manipulation est présente partout autour de nous : un simple « bonjour » est déjà une forme de manipulation envers autrui, puisqu’il suscite une réaction chez l’autre.
Cependant, que ce soit sous forme verbale ou autre, nous ne pouvons pas nous empêcher de communiquer. En effet, nos gestes, nos attitudes, nos vêtements, les objets que nous utilisons pour interagir avec le monde extérieur, etc… sont tous des moyens simples et particulièrement efficaces pour faire passer des messages et des suggestions à tous ceux qui nous entourent. Notre vie et notre quotidien s’organisent autour de suggestions et de messages subliminaux, que nous enregistrons quelque part à l’intérieur de nous, sans trop nous en rendre compte, et que nous décidons, le cas échéant, de suivre ou de ne pas suivre.
Il y a une différence fondamentale à faire entre la manipulation bienveillante (à laquelle il est possible d’associer l’hypnose éricksonienne, par exemple) et la manipulation perverse, qui vient complètement à l’encontre de l’éthique et de la déontologie de tout accompagnant.

NON, l’hypnose n’est pas un numéro de magie, et elle ne créé pas de miracle non plus.
Les résultats du travail effectué avec l’hypnose dépendent de vous, de votre motivation et de votre engagement vis à vis de vous-même et de la nature de votre objectif.
Je vous accompagne au mieux dans votre processus mais je ne peux pas faire le travail pour vous.

NON, une séance d’hypnose ne donne pas forcément des résultats instantanés…
Le travail sous hypnose se fait progressivement, par étapes, à un rythme plus ou moins rapide selon la personne… C’est un processus à part entière ! Éviter de vous focaliser sur le résultat, impliquez-vous simplement dans le processus et le résultat apparaîtra.

Ce qu’il est bon de savoir à propos des médias et de l’hypnose de spectacle…
Les médias et l’hypnose de spectacle peuvent donner une fausse idée de ce qu’est l’hypnose.
En effet, les personnes qui passent à la télévision et / ou qui sont mises sous hypnose sur scène sont d’une part sélectionnées pour leur très grand niveau de suggestibilité et sont généralement conditionnées par un discours pré-hypnotique.
D’autre part, le simple fait de mettre des personnes face à un public ou devant une caméra joue en faveur de l’hypnotiseur : « l’effet de groupe », l’envie de vivre l’expérience et / ou de « se donner en spectacle », sans oublier la réputation de l’hypnotiseur sont autant de facteurs qui entrent en ligne de compte pour susciter la coopération des participants.

NON, l’hypnose n’est pas un traitement médical.
Une séance d’hypnose éricksonienne n’est pas une consultation médicale. Elle ne remplace pas l’avis, le suivi et les soins d’un professionnel de la santé. Un praticien en hypnose ne fournit pas de diagnostic ni de prescription de médicaments.
Cependant, les différentes vertus et bénéfices qui peuvent résulter d’un travail thérapeutique effectué grâce à l’hypnose éricksonienne sont relativement bien reconnus par la médecine.
Je vous invite à considérer les séances d’hypnose éricksonienne comme un processus d’auto-guérison et une source de bien-être, de joie de vivre et d’épanouissement personnel.

L’hypnose et la médecine…
L’hypnose est reconnue pour ses effets analgésiques car elle permet de modifier radicalement la perception sensorielle et la perception de la douleur. Elle a d’ailleurs été utilisée par la médecine pour l’anesthésie dès le 19ème siècle.
Aujourd’hui encore, l’hypnose peut servir pour compléter, voire se substituer à l’anesthésie par sédatifs.
Cette technique d’anesthésie, appelée hypnosédation, consiste à combiner une anesthésie locale avec une hypnose et une sédation consciente à base d’anti-douleur.
Plusieurs bénéfices sont reconnus à cette technique : l’amélioration du confort du patient lors de l’opération, une diminution de l’anxiété et de la douleur, une diminution des médicaments administrés, une optimalisation des conditions chirurgicales, ainsi que récupération plus rapide du patient après l’opération.

L’histoire de l’hypnose…
L’histoire de l’hypnose est difficile à retracer avec exactitude.
Bien que le terme hypnose soit apparu assez tardivement (l’invention du terme « hypnose » revient au médecin écossais James Braid en 1843), la pratique de l’hypnose remonte vraisemblablement à la nuit des temps. Elle peut en effet être conçue comme une forme de communication dès lors que les humains ont compris que l’art de soigner passait par la relation (faite de mots, regards, gestes, …).

En 1529, Paracelse, médecin suisse, livre les premières données, considérées à l’époque comme scientifiques, sur le « magnétisme animal ». Selon lui, le malade guérit grâce à un fluide réparateur circulant d’un individu à l’autre.
Deux siècles plus tard (1766), le docteur Franz Anton Mesmer, son disciple, reprend le thème du magnétisme qu’il déclare lui aussi « naturel ». Il devient le premier « psychothérapeute » des temps modernes. Très controversé, il triomphe toutefois dans certains salons à la mode où les participants se prêtaient à la cérémonie du baquet. Le terme « mesmériser » a d’ailleurs été parfois utilisé pour signifier « hypnotiser ».
En 1784, le marquis de Puységur, disciple de Mesmer, découvre par hasard le somnambulisme provoqué, qu’il définit comme un « état induit par l’action de la volonté sur le mouvement ».
Pour lui aussi, cette volonté émane d’un fluide animal, mais il fut dans l’incapacité de poursuivre ses recherches.
L’abbé Faria (1746-1819) se positionne différemment de ses prédécesseurs. Pour lui, le fluide magnétique n’existe pas, et il insiste sur l’influence du langage et notamment sur l’importance de la suggestion. C’est la naissance du sommeil lucide, qui deviendra par la suite « l’hypnose ».
James Braid, chirurgien écossais reprendra et améliorera les théories de l’Abbé Faria.
Dès 1841, il abandonne définitivement le magnétisme animal pour poser les bases scientifiques de ce qu’il nommera officiellement « hypnotisme » en 1843.
Selon lui, la transe hypnotique survient lorsque le patient est concentré sur une seule et unique idée. La théorie du magnétisme, trop impalpable, tend à être remplacée par l’idée d’une relation patient-thérapeute.

De nombreux professionnels de la santé se lancent alors dans l’aventure de l’hypnose.
Jean-Martin Charcot, titulaire de la première chaire de neurologie, fonde en 1878 l’école de la Salpêtrière. Selon lui, le sommeil hypnotique serait une névrose n’existant que chez les sujets hystériques. L’hypnose serait provoquée par un instrument physique (aimant, métaux,…), et non par la parole.
Le professeur Hippolyte Bernheim s’oppose aux travaux de Charcot en démontrant notamment que l’hypnose est un phénomène psychologique normal (aucune influence physique ou fluidique !).
En 1891, il donne naissance au terme « psychothérapie », lequel désigne sa méthode thérapeutique basée sur la suggestion hypnotique, et fonde avec ses confrères l’école de Nancy.
C’est le début de la fameuse bataille des écoles de la Salpêtrière et de Nancy : l’hypnose en tant qu’état « pathologique » décrit par l’autorité médicale de l’époque, contre un état « naturel » soutenu par la très avancée école de Nancy.
Autrement dit, c’est le pouvoir des métaux contre la suggestion verbale. La science tranchera en faveur de Bernheim près d’un siècle plus tard.
Pour résumer, ont émergé deux grands courants de pensée chez les praticiens de la transe : les partisans du magnétisme animal, pour qui la transe est une amplification du champ de conscience du Moi ; les partisans du courant hypnotique pour qui l’hypnose est une restriction du champ de conscience et l’accès aux automatismes inconscients.
Il semble que les sujets en transe ont su répondre avec habileté aux expériences des uns et des autres en donnant raison aux deux courants, se montrant tantôt d’une manière, tantôt d’une autre, en fonction des attentes des expérimentateurs et des croyances culturelles de l’époque.